À l’école, comment les enfants apprennent-ils au-delà de la classe ?
Mise à jour le 12/08/2026
À l’école, les enfants passent de la classe aux ateliers, de la bibliothèque à la cour, et sont accompagnés par des enseignants, animateurs et intervenants. Comment relient-ils les apprentissages réalisés au cours de ces différents temps ? Dans sa thèse, Julien Netter montre que tous les élèves ne disposent pas des mêmes ressources pour tirer profit de cette diversité d’activités.
Infos clés
Dispositif : Cifre
Chercheur-se : Julien Netter
Période : 2013 - 2016
Statut : thèse soutenue
Direction : Direction des affaires scolaires
Thématique : participation citoyenne
Présentation
Au cours d’une même journée, les enfants passent de la classe aux activités périscolaires, de la bibliothèque à la cour, et sont accompagnés par différents professionnels : enseignants, animateurs ou intervenants. Cette organisation forme une véritable « mosaïque » de temps, de lieux et d’activités.
Dans sa thèse, Julien Netter s’intéresse à la manière dont les élèves relient les apprentissages réalisés dans ces différents espaces. Comment font-ils le lien entre une activité menée en classe et une activité périscolaire ? Parviennent-ils tous à identifier ce qu’ils apprennent au cours de ces différents temps ? Et quelles conséquences cela peut-il avoir sur les inégalités scolaires ?
Menée entre 2011 et 2015, au moment de la mise en œuvre des nouveaux rythmes scolaires, cette recherche étudie ainsi l’articulation entre les temps scolaire et périscolaire dans l’école primaire parisienne.
Méthodologie
La recherche repose sur une enquête ethnographique menée pendant deux ans dans sept écoles parisiennes, situées dans différents quartiers.
Julien Netter a suivi des enfants tout au long de leur journée, depuis leur entrée à l’école jusqu’à leur départ après le goûter ou l’étude. Au total, l’enquête représente plus de 560 heures d’observation, auprès de plus de 120 professionnels : enseignants, animateurs et intervenants.
Des entretiens avec les élèves et les adultes qui les encadrent ont complété ces observations afin de mieux comprendre la logique de leurs activités et la manière dont ils donnent du sens aux différents temps de l’école.
Résultats
La recherche montre que les élèves jugés les plus « forts » en classe parviennent généralement à identifier des occasions d’apprentissage dans l’ensemble des activités proposées à l’école. Derrière une activité thématique ou ludique, ils repèrent plus facilement un objet d’apprentissage et réussissent à le relier au travail scolaire.
À l’inverse, les élèves jugés plus « faibles », souvent issus de milieux populaires, ont davantage tendance à cloisonner les différents temps : la classe est associée au travail et les autres activités au jeu. Ils tirent ainsi moins facilement un bénéfice scolaire des activités réalisées en dehors de la classe.
La succession des professionnels qui encadrent les enfants rend par ailleurs difficile l’accompagnement de ces élèves dans la construction de liens entre leurs différentes expériences. La fragmentation des temps et des intervenants peut ainsi contribuer à renforcer les inégalités d’apprentissage.
Apports pour la Ville
Les résultats soulignent l’importance de mieux accompagner les professionnels qui interviennent auprès des enfants tout au long de leur journée.
Ils mettent notamment en évidence l’enjeu de la formation des personnels, aussi bien du côté de l’Éducation nationale que de la Ville de Paris, afin de favoriser une meilleure articulation entre les différents temps éducatifs. La recherche pose également la question des critères de recrutement et de titularisation des animateurs.
Pour Julien Netter, cette évolution constitue un chantier de long terme, qui suppose de penser la continuité entre les différents professionnels et espaces d’apprentissage.
Partenaires
- L'équipe Escol du laboratoire CIRCEFT – Université Paris 8
Consulter la thèse
Le dispositif Cifre
Cette recherche est menée dans le cadre du dispositif CIFRE (Convention industrielle de formation par la recherche), qui permet à un doctorant ou une doctorante de conduire une thèse en partenariat avec une structure publique ou privée.
À la Ville de Paris, ce dispositif favorise le développement de recherches en lien direct avec les politiques publiques parisiennes.
En savoir plus sur le dispositif Cifre
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